[Mansa-l] Fwd: AAC Professionnels du droit en Afrique - Revue Politique africaine

Daouda Gary-Tounkara daouda.gary.tounkara at gmail.com
Wed May 7 06:44:22 CDT 2014


---------- Message transféré ----------
De : david ambrosetti <davambro at yahoo.fr>
Date : 7 mai 2014 13:40
Objet : AAC Professionnels du droit en Afrique - Revue Politique africaine
À : Richard BANEGAS <richard.banegas at noos.fr>, Sarah BEN NEFISSA <
sarah.ben-nefissa at orange.fr>, Pierre BOILLEY <pierre.boilley at univ-paris1.fr>,
Emmanuelle BOUILLY <emmanuelle.bouilly at yahoo.fr>, Marie BROSSIER <
mariebrossier at hotmail.com>, Michel CAHEN <m.cahen at sciencespobordeaux.fr>,
Michel CAMAU <michel.camau at wanadoo.fr>, Myriam CATUSSE <
catusse at mmsh.univ-aix.fr>, Jean-Pierre CHRETIEN <j-pierrec at wanadoo.fr>,
Christian COULON <c.coulon at sciencespobordeaux.fr>, Georges COURADE <
georges.courade at orange.fr>, Jean COUSSY <coussy.jeanetdenise at wanadoo.fr>,
Jeroen CUVELIER <jeroencuvelier at yahoo.co.uk>, Filip DE BOECK <
filip.deboeck at ant.kuleuven.ac.be>, "delame.danielle at gmail.com" <
delame.danielle at gmail.com>, Gauthier DE VILLERS <devillersg at voo.be>,
Marielle DEBOS <mdebos at wanadoo.fr>, Christine DESLAURIER <
christine.deslaurier at ird.fr>, Benoît DUPIN <b.dupin at sciencespobordeaux.fr>,
Fred EBOKO <fred.eboko at wanadoo.fr>, Thomas FOUQUET <thomas.fouquet at free.fr>,
Marion FRESIA <marion.fresia at unine.ch>, Peter GESCHIERE <
P.L.Geschiere at uva.nl>, Emmanuel GREGOIRE <Emmanuel.Gregoire at ird.fr>,
Francois GRIGNON <grignon at un.org>, Yvan GUICHAOUA <yvan.guichaoua at gmail.com>,
Pierre JANIN <Pierre.Janin at ird.fr>, Jean-Hervé JEZEQUEL <jezequeljh at yahoo.fr>,
Marie-France LANGE <lange.marie-France at wanadoo.fr>, Maud LASSEUR <
maud.lasseur at gmail.com>, Frédéric LE MARCIS <frederic.lemarcis at gmail.com>,
Emile LEBRIS <elebris at bondy.ird.fr>, Yann LEZENES <
yann.lezenes at univ-paris1.fr>, Bruno LOSCH <losch at cirad.fr>, Roland MARCHAL <
marchal at ceri-sciences-po.org>, Philippe MARCHESIN <
philippe.marchesin at univ-paris1.fr>, Hervé MAUPEU <herve.maupeu at univ-pau.fr>,
Cédric MAYRARGUE <c.mayrargue at sciencespobordeaux.fr>, Richard MONCRIEFF <
richmoncrieff at yahoo.fr>, Marie Morelle <mariemorelle at gmail.com>, Bernard
MOURALIS <b.mouralis at free.fr>, René OTAYEK <r.otayek at sciencespobordeaux.fr>,
Marie-Françoise PALUEAU <mf.palueau at sciencespobordeaux.fr>, Marc PILON <
Marc.Pilon at ird.fr>, Alain RICARD <aricard3 at numericable.fr>, Alice
SINDZINGRE <sindzingre at wanadoo.fr>, Guillaume THIERY <
thieryguillaume at hotmail.fr>, Céline THIRIOT <c.thiriot at sciencespobordeaux.fr>,
Gregory MANN <gm522 at columbia.edu>, Guillaume LACHENAL <
lachenal at univ-paris-diderot.fr>, Guillaume LACHENAL <
guillaume.lachenal at ivry.cnrs.fr>, Johanna SIMEANT <jsimeant at univ-paris1.fr>,
Daouda GARY-TOUNKARA <daouda.gary.tounkara at gmail.com>, Aïssatou MBODJ POUYE
<mbodj at free.fr>, Henri MEDARD <hv.medard at wanadoo.fr>, Jean-Philippe BERROU <
jpberrou at yahoo.fr>, "j.p.berrou at sciencespobordeaux.fr" <
j.p.berrou at sciencespobordeaux.fr>, Nadine MACHIKOU <nadngameni at yahoo.fr>,
Didier GALIBERT <dgalibert at wanadoo.fr>, "didier.galibert at scpobx.fr" <
didier.galibert at scpobx.fr>, Elise DEMANGE <e.demange at gmail.com>, Lydie
CABANE <lydie.cabane at sciences-po.org>, Ophélie RILLON <
ophelie.rillon at gmail.com>, Amin ALLAL <amin.allal at gmail.com>, Dominique
CONNAN <dominique.connan at gmail.com>, "pierreguidi at outrenet.com" <
pierreguidi at outrenet.com>, Jean-Nicolas Bach <jeannicolas_bach at yahoo.fr>,
Rozenn Diallo <rozenn.diallo at gmail.com>, N'DIAYE Marième <
m-ndiaye at hotmail.fr>, SEGALINI Céline <celine.segalini at yahoo.com>, "
leabarreautran at gmail.com" <leabarreautran at gmail.com>
Cc : Séverine Awenengo Dalberto <sawenengo at gmail.com>, Hélène Charton <
h.charton at sciencespobordeaux.fr>, Laurent Fourchard <
l.fourchard at sciencespobordeaux.fr>, Didier Péclard <didier.peclard at gmail.com
>


Chers membres de l'ACPA,
Nous vous faisons suivre l'appel à contributions pour le dossier de juin
2015, sur les professionnels du droit en Afrique.
Date limite pour la réception des propositions : 13 juin 2014.
Merci d'avance de le diffuser dans vos réseaux.
Amicalement
David et Didier

http://polaf.hypotheses.org/



(English version follows)


Appel à contributions pour la revue  Politique africaine – mai 2014




Professionnels du droit et pratiques juridiques sur le continent africain :
Héritages coloniaux et dynamiques d’internationalisation


Dossier coordonné par Sara Dezalay (Goethe Universität) et George H.
Karekwaivanane (Cambridge University)




Au cours des dernières décennies, les mobilisations du droit dans les
pratiques politiques contemporaines des États africains se sont accrues de
manière spectaculaire. Portés par des évolutions politiques internes autant
que des dynamiques internationales, le tournant démocratique et la
promotion de la « société civile » ont contribué à transformer le politique
tout en renforçant l’importance du droit en tant que ressource de
contestation et de légitimité dans des luttes politiques et sociales,
notamment via la multiplication d’organisations non gouvernementales (ONG)
spécialisées dans la défense des droits (Comaroff & Comaroff, 2006).
Cependant, la majorité des travaux consacrés à ce « tournant vers le droit
» de l’après-Guerre froide a tendance à déconnecter ces transformations
globales à la fois de leurs ancrages locaux ainsi que des processus
historiques plus longs de formation de l’État dans lesquelles elles
s’inscrivent. Surtout, le rôle joué par les juristes dans ces processus –
et la transformation corrélative des professions juridiques – reste en
grande partie un point aveugle. S’il existe une littérature riche sur les
professions juridiques en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine
et plus récemment en Asie du Sud-Est, les professionnels du droit sur le
continent africain et leurs contributions à la formation de l’État et à ces
transformations contemporaines ont été largement ignorés par la recherche
(hormis quelques exceptions : Gobe, 2013; Halliday, Karpik et Feeley 2012).
Ce dossier thématique de Politique africaine vise à apporter un éclairage
sur les rôles joués par les professions juridiques dans les dynamiques de
formation de l’État ainsi que dans ces transformations contemporaines du
politique sur le continent africain. Deux dimensions retiennent
particulièrement notre attention. Il s’agit, d’une part, de l’historicité
des professions juridiques et notamment du poids des héritages coloniaux
dans leur structuration. Mettre en lumière le rôle des professions
juridiques dans la formation de l’État et certaines transformations
contemporaines du politique implique, d’autre part, de les étudier à l’aune
de deux dynamiques : celle des espaces de pouvoir nationaux – politiques,
sociaux, économiques – dans lesquels elles se sont structurées, ainsi que
de certaines dynamiques externes actuelles – promotion de l’État de droit,
poursuites pénales internationales, etc. –, contribuant à transformer les
pratiques et institutions juridiques et leurs rapports au politique.
Les travaux récents consacrés au rôle du droit dans les politiques
impériales ont souligné la spécificité des contextes africains ainsi que
les variations entre les différents systèmes juridiques coloniaux (par ex.
Ibhawoh 2013; Benton 2002; 2013). Ils ont également ouvert une
interrogation quant à l’impact de l’ordre colonial sur la structure des
systèmes, institutions et professions juridiques dans l’Afrique
postcoloniale. L’instrumentalisation du droit et des institutions
juridiques à des fins politiques, y compris de violence, dans certains
contextes souligne en particulier l’incidence de ces héritages sur les
rapports entre droit et politique et, partant, entre juristes et pouvoir.
Ces pratiques de « lawfare » (Comaroff, 2001) mettent notamment en exergue
les enjeux spécifiques de la professionnalisation et de l’autonomie
juridiques dans des contextes autoritaires et/ou d’effondrement de l’État
de droit. Par ailleurs, certaines dynamiques actuelles de globalisation du
droit – y compris le rôle croissant des tribunaux pénaux internationaux et
la criminalisation des violences d’État et armées – s’accompagnent d’une
prolifération d’arènes et leviers de contestation du pouvoir (Sikkink,
2011). Comment ces dynamiques d’internationalisation sont-elles articulées
aux héritages laissés par l’ordre juridique colonial (Dezalay & Garth,
2010) et avec quels effets sur le rôle des juristes dans ces processus ?
Ces dynamiques sont-elles, en retour, affectées par l’évolution des pays
africains en tant que sociétés plus ou moins extraverties (Bayart, 1999) ?
Ce dossier vise à explorer de telles questions en portant la focale sur les
juristes et professionnels du droit et leurs divers rôles en tant
qu’intermédiaires, courtiers internationaux ou encore entrepreneurs de
normes. Son objectif est de contribuer à une analyse comparative des
professions juridiques sur le continent africain et ce sur la base
d’approches disciplinaires multiples (droit, histoire, anthropologie,
sociologie politique et relations internationales). Étant donnée
l’importance accordée dans la littérature existante aux anciennes colonies
britanniques, les analyses consacrées aux anciennes colonies françaises,
portugaises ou encore belges semblent particulièrement opportunes. Des
méthodologies et échelles d’analyse variées sont également bienvenues, y
compris des études de cas consacrées à des pays ou des institutions donnés,
ou encore des analyses de processus de diffusion transnationale de normes,
d’agents, de pratiques professionnelles ou d’institutions.

Nous proposons quatre axes qui demeurent largement ouverts et en grande
partie imbriqués : (1) les héritages coloniaux et leurs effets
contemporains sur la structure des professions juridiques ; (2) le rôle des
juristes dans la diffusion de dynamiques actuelles de globalisation du
droit et l’impact de celles-ci sur les secteurs et pratiques juridiques sur
le continent ; (3) l’évolution historique des professions juridiques, et
(4) les rapports entre juristes, sociétés et dynamiques de contestation du
pouvoir.

1. Le premier axe s’intéresse à l’impact des héritages coloniaux sur la
structure des professions juridiques et, plus largement, aux rôles joués
par les juristes dans la trajectoire contemporaine des États africains.
Malgré l’importance centrale des juristes en tant qu’ « interprètes
autorisés » du droit et intermédiaires dans les politiques coloniales,
leurs spécificités en tant qu’agents de l’État et professionnels ont été
peu explorées dans la littérature historique et anthropologique. Il semble
utile de renouveler ces travaux et d’élargir leur focale analytique en
engageant un dialogue avec la littérature consacrée plus largement au droit
dans l’Afrique coloniale et contemporaine. Il serait opportun pour cela de
contribuer à une analyse empirique systématique des différents régimes
coloniaux africains et de leurs rapports à a) la structure des champs
juridiques et b) au rôle des juristes dans la construction et la
contestation de l’État et de sa légitimité. Y a–t-il une corrélation entre
les différents pouvoirs coloniaux (français, britannique, belge ou encore
portugais) et la structuration des espaces juridiques des post-colonies ?
Par ailleurs, quel a été l’impact de la nature du pouvoir colonial et de
ses transformations sur la structure des ordres et professions juridiques ?
Quels ont été les effets des spécificités des systèmes juridiques coloniaux
sur la trajectoire postcoloniale des États africains ? Les professions
juridiques ont-elles vu leurs rôles redéfinis par rapport au politique et à
l’égard des sociétés ? Si oui, comment ces glissements ont-ils été opérés
et légitimés ?

2. Le deuxième axe met l’accent sur le rôle des juristes et la
transformation des pratiques, institutions et systèmes juridiques dans
certains processus actuels de « juridicisation », en particulier la
diffusion au niveau local de processus de globalisation du droit. La
promotion de l’État de droit et de la démocratie comme lingua franca de la
« bonne gouvernance » depuis les années 1990 ou encore les dynamiques
actuelles de criminalisation des violences d’État et armées via la Cour
pénale internationale sont autant d’exemples d’une juridicisation du
politique entendue comme déplacement vers le droit d’enjeux et de luttes
politiques et sociaux. Les nombreux travaux consacrés notamment à la
diffusion de nouvelles normes globales contribuent cependant largement à un
double point aveugle que cet axe invite à combler. Peu de travaux étudient,
par exemple, l’impact sur les professions et systèmes juridiques africains
de l’incorporation du droit pénal international au niveau national et des
procédures de poursuites pour crimes internationaux  (voir Nouwen, 2013,
pour une exception). Les travaux portant sur les poursuites pénales
internationales elles-mêmes, notamment via une ethnographie de procès,
pourraient être bienvenues afin de contribuer à une compréhension des
effets politiques, sociaux et juridiques, au niveau local, des récits
judiciaires produits par ces arènes pénales. Surtout, cet axe entend
souligner que la compréhension de ces processus de juridicisation implique
d’étudier le rôle des juristes, notamment via l’ouverture d’espaces de
pratiques et d’expertises juridiques nouveaux. Les thèmes et travaux
empiriques pouvant participer de cet axe restent largement ouverts. Par
exemple, la nouvelle « ruée vers l’Afrique » dans la compétition globale
pour les minerais et autres ressources naturelles s’est accompagnée de la
multiplication d’arènes juridiques, et particulièrement l’arbitrage, pour
gérer les différents commerciaux. Quel est l’impact de cette dynamique sur
les professions juridiques ? Surtout, comment ces dynamiques concurrentes
de globalisation du droit – droit pénal international et arbitrage
commercial – sont-elles articulées ?

3. Troisièmement, la littérature sur les professions (y compris les
professions juridiques) a dépassé de manière opportune les apories d’une
perspective fonctionnaliste et de l’apologie des « vertus des communautés
professionnelles ». Certains travaux récents ont ainsi souligné
l’historicité des professions juridiques et leur structuration sous l’effet
des rapports de force politiques, économiques et savants participant de la
construction et de la légitimation du pouvoir (Gobe, 2013 ; Dezalay &
Garth, 2011 ; voir également Bourdieu, 2012). Certaines recherches
consacrées particulièrement à d’anciennes colonies francophones ont aussi
souligné les transformations de l’« international » en tant que ressource
pour contester le pouvoir (Siméant, 2013) et l’impact de processus
d’internationalisation et de professionnalisation sur des professions et
institutions juridiques modelées par un héritage colonial et postcolonial
de « lawfare » (Dezalay, 2013). Plusieurs pistes d’analyse peuvent être
ainsi ouvertes, en s’attachant par exemple à  l’évolution des professions
juridiques et de leur structuration dans différents contextes coloniaux et
postcoloniaux ; aux transformations de l’éducation juridique ; ou encore à
l’impact de dynamiques de juridicisation globales sur les professions et
institutions juridiques.

4. Notre quatrième axe porte sur la nature des interactions entre juristes
et sociétés et leur impact politique et socio-culturel. Pour rendre compte
de la tendance croissante du recours au droit, au niveau individuel ou
collectif, pour exprimer et porter des revendications sociales et
politiques, il paraît opportun de s’intéresser aux rapports entre les
juristes et leurs clientèles, et plus largement avec la société. En
considérant les juristes en tant qu’intermédiaires de « traduction »
(Merry, 2006) – à la fois diffuseurs de concepts et interprètes – plusieurs
pistes empiriques peuvent être ouvertes pour étudier ces interactions entre
juristes et société. Comment les professions juridiques sont-elles perçues
? Quelles ont été leurs stratégies de « traduction » ? Avec quelles limites
? Les juristes ont-ils contribué à des projets politiques et culturels
spécifiques et à quelles fins ? Cet axe vise aussi à explorer les relations
entre juristes, « mouvements sociaux » et dynamiques protestataires
(Agrikoliansky, 2010). Par exemple, quel a été le rôle des juristes dans
les révolutions des « printemps arabes », en Afrique du Nord, et avec
quelles répercussions en Afrique subsaharienne ? Par ailleurs, au-delà
d’une opposition entre « démocraties » et régimes « autoritaires » (Abel,
1998), quels sont les facteurs, opportunités et capacités permettant à des
mouvements sociaux de « saisir le droit » ?



Calendrier

Les propositions de contribution (une page) sont à envoyer aux
coordinateurs, Sara Dezalay (sara.dezalay at gmail.com) et George H.
Karekwaivanane (ghk22 at cam.ac.uk), d’ici le 13 juin 2014. Les articles
retenus (d’ici le 2 juillet 2014) devront être remis aux coordinateurs au
plus tard le 30 octobre 2014 pour évaluation par la rédaction de la revue.
Date de publication du dossier, composé des articles acceptés par la
rédaction : juin 2015.


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Call for proposals for Politique africaine - May 2014

Law professionals and legal practices on the African continent:
colonial legacies and dynamics of internationalization

Guest Editors: Sara Dezalay (Goethe Universität) and George H.
Karekwaivanane (Cambridge University)


Recent decades have witnessed a striking increase in the mobilizations of
law in contemporary African politics. Driven by internal political
developments and external dynamics, the democratic turn and the promotion
of “civil society” have contributed to the transformation of politics to
the extent that the law has become an increasingly important resource in
political and social struggles, notably with the multiplication of
law-oriented non-governmental organisations  (Comaroff & Comaroff 2006).
However, predominant accounts of this post-Cold war “turn to law” tend to
disconnect these global transformations both from the domestic politics and
the longer historical processes of state formation in which they are
embedded. Moreover, the roles played by lawyers in these processes – and
the correlate transformation of legal professions – remain, largely, a
blind spot. Indeed, the wealth of scholarship on legal professions in
Europe, North America, Latin America and more recently South-East Asia,
contrasts with the dearth of research on lawyers on the African continent
and their contributions to the formation of the state and these unfolding
transformations (with few exceptions: Gobe, 2013; Halliday, Karpik and
Feeley 2012).
This thematic issue of Politique africaine aims at shedding light on the
roles played by legal professions in processes of state formation and
contemporary transformations of politics in Africa. Two dimensions seem of
particular relevance. It is, on the one hand, the historicity of legal
professions and particularly the impact of colonial legacies on their
structuration. Underlying, on the other hand, the roles of legal
professions in the formation of the state and current transformations of
politics involves studying them in light of two dynamics: that of the
national spaces of power – political, social, economic – to which they are
articulated, as well as current processes of legal globalization, such as
the promotion of the rule of law or international criminal prosecutions,
that contribute to the transformation of legal practices and institutions
and their relations to politics.
The recent surge of interest in law and empires has underlined the
specificities of, and variations in, colonial legal systems in African
settings (e.g. Ibhawoh 2013; Benton 2002; 2013). It has also prompted
interrogations as to the ways the legacies of colonial rule continue to
shape legal systems, legal professions and the relations between lawyers
and the state. The mobilization of law and legal institutions for political
and violent purposes in some contexts underlines in particular the impact
of such legacies on the articulation between law and politics and
furthermore on the relations between lawyers and the state. These practices
of “lawfare” (Comaroff, 2001) underscore in particular the specific stakes
of legal professionalization and autonomy in contexts of authoritarianism
and/or institutional collapse. On the other hand, current dynamics of legal
globalization – including the growth of international criminal tribunals
and the criminalization of state and armed violence – are contributing to
opening multiple legal and judicial avenues of contention (Sikkink 2011).
How are these dynamics of legal globalization articulated with colonial
legacies (Dezalay & Garth, 2010) and with what impact on the role of
lawyers in these processes? Are these dynamics, in turn, affected by the
development of African countries as more or less “extraverted” societies
(Bayart, 2000)?
This issue aims at exploring such questions by focusing on lawyers and
legal professionals and their varied roles as legal intermediaries,
transnational brokers and moral entrepreneurs, among others. It is driven
by the objective of contributing to a comparative study of legal
professions in Africa by drawing on a range of disciplinary approaches,
including law, history, anthropology, political sociology or international
relations. Given the emphasis on former British colonies in the existing
literature, studies focusing on former French, Portuguese and Belgian
colonies, among others, would be particularly timely. We would also welcome
a diverse range of methodologies and scales of analysis, including country
or institutional case studies or research tracking the transnational
diffusion of legal ideas, practices, agents and institutions.

We suggest four interrelated lines of inquiry that remain largely open,
focusing on (1) colonial legacies and their contemporary impacts on the
structure of legal professions; (2) the roles of lawyers in the diffusion
of current dynamics of legal globalization and their bearings on legal
sectors and practices on the continent; (3) the historical evolution of
legal professions and; (4) the engagements between lawyers and society and
dynamics of protest.

1. The first investigates the impact of colonial legacies on the structure
of legal professions and more broadly the roles played by lawyers in the
post-colonial trajectories of African states. Despite the fact that lawyers
played central roles as “authorized interpreters” of the law and
intermediaries in legal struggles in Africa, they have received very
limited attention in the historical and anthropological literature. There
is a need to update this literature, broaden its analytical focus, and
bring it into dialogue with the wider literature on law in colonial and
post-colonial Africa. We suggest this can be done through systematic
empirical work that examines different colonial regimes in Africa and their
relation to a) the structure of the legal field and b) the role of lawyers
in the construction and contestation of state power and legitimacy. Is
there any co-relation between French, British, Belgian or Portuguese rule
in colonial Africa and particular professional orientations amongst
lawyers?  Alternatively, what role did the nature of colonial rule e.g.
settler versus non-settler states play? What implications does the nature
of the colonial legal system and legal profession have for the
post-colonial trajectory of African states and the role of lawyers?  Have
lawyers managed to redefine their role in post-colonial politics and
society? If so, how has this shift been justified and negotiated?

2. The second line of inquiry focuses on the roles of lawyers and the
transformation of legal practices, institutions and systems under the
influence of current processes of “juridification”, in particular the
diffusion, at the local level, of dynamics of legal globalization. The
promotion of the rule of law and democracy as a handbook for “good
governance” since the 1990s or moves towards the criminalization of state
and armed violence via the International criminal court are illustrations
of a wider process of juridification of politics understood as the
displacement towards the law of political and social stakes and struggles.
The wealth of scholarship focused particularly on the diffusion of these
new global norms contributes, however, largely to two series of blind spots
that we wish to contribute to fill. On the one hand, for instance, there is
little research on the impact on African legal professions and systems of
the internalization of international criminal law rules and prosecutions
for international crimes (see Nouwen 2013, for an exception). Studies
focusing on international criminal prosecutions per se, in particular
through an ethnography of trials, could be timely to contribute to an
understanding of the political, social and legal effects, at the local
level, of the judicial narratives produced by international tribunals.
Above all, our aim here is to underline that accounting for these processes
of juridification necessarily implies a study of the roles played by
lawyers, including through the opening of new spaces of legal practices and
expertise. The themes and empirical foci remain largely open. For example,
the new “rush for Africa” in the global competition for minerals and energy
resources has been paired with a growth of legal proceedings, predominantly
through arbitration. How is this impacting legal practice on the continent?
Moreover, how are these concurrent dynamics - international criminal law on
the one hand, and business law on the other, articulated?

3. Thirdly, the literature on professions (the legal profession included)
has moved away from the weaknesses of the functionalist perspective and its
celebration of “the virtues of professional communities” with good cause.
Such moves have included studying the characteristics of legal professions
as historically related to polarizations between power, economics and
knowledge in the construction and legitimation of state power (Gobe, 2013;
Dezalay & Garth, 2011; see also Bourdieu, 2012). Recent research on
modalities of activism and protests, particularly in former Francophone
colonies, is highlighting the transformation of the “international” as a
resource to contest state politics (Siméant, 2013) and the impact of
internationalization and professionalization processes on legal professions
and institutions modelled by a colonial and post-colonial legacy of
“lawfare” (Dezalay, 2013). Possible avenues for empirical research could
include examining the evolution of legal professions and their organization
in different colonial and post-colonial settings; tracing the evolution and
transformation of legal education; or exploring the transformation of
professionalization patterns under the influence of external dynamics.


4. Our fourth focus is on the nature of the interaction between lawyers and
the public, and the political and socio-cultural impact this has had. The
need to understand the growing tendency of individuals and groups to frame
popular social and political struggles in legal terms, or to adopt legal
strategies, requires that attention be paid to the interactions between
lawyers and “ordinary” people. Approaching lawyers as intermediaries and
adopting the idea of “translation” (Merry 2006) – both at the level of
language and concepts –, opens up useful avenues through which to examine
the interactions between lawyers and society, as well as the outcomes of
such interactions.  Some of the questions requiring scholarly attention may
include: how have lawyers related to the public and with what impact?  How
are lawyers perceived by society?  What kinds of strategies have they used
in translation and with what limitations? Have lawyers been involved in
specific political or cultural projects and to what end?  This line of
inquiry also explores the relation of lawyers to “social movements” and
dynamics of protest (Agrikoliansky 2010). For instance, what roles have
lawyers played in the “Arab spring” revolutions and their repercussions in
North Africa and Sub-Saharan Africa? Beyond focusing on opportunities for
legal activism in “democracies” versus “authoritarian” regimes (Abel 1998),
what are the factors that enable social movements to “seize the law”?


Schedule/deadlines

Abstracts (one page) should be sent to Sara Dezalay (sara.dezalay at gmail.com)
and George H. Karekwaivanane (ghk22 at cam.ac.uk) by June 13, 2014. Accepted
proposals (notified by July, 2 2014) should be submitted to the
coordinators by October 30, 2014 to be reviewed by the editorial board of
the journal. Articles can be written in French or English (the journal will
then translate the accepted articles in French). Publication of the special
issue, with the articles accepted by the editorial board: June 2015.


Références citées / Indicative Bibliography


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Sarat, S.-A. Scheingold (dir.), Cause Lawyering. Political Commitments and
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J.-F. Bayart, « L’Afrique dans le monde : une histoire d’extraversion »,
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L. Benton et R. Ross (dir.), Legal pluralism and Empires, 1500-1850, New
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Institut des Sciences sociales du Politique - CNRS / Université Paris Ouest
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K. Sikkink, The justice cascade: how human rights prosecutions are changing
world politics, The Norton Series in World Politics, 2011.
J. Siméant, « Committing to Internationalisation: Careers of African
Participants at the World Social Forum », Social Movement Studies, vol. 12,
n° 3, 2013, p. 245-263.












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Daouda Gary-Tounkara
Chargé de recherche CNRS
Les Afriques dans le monde (UMR 5115) / Sciences Po Bordeaux
11, allée Ausone
33607 Pessac, France
Tél : + 33 (0)5 56 84 44 05
http://www.lam.sciencespobordeaux.fr/
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